Par où commencer ? Il y a beaucoup à dire !
Je commencerai donc par vous expliquer que j'ai débuté ma lecture le matin, et que j'ai failli jeter ma liseuse le soir en découvrant les mots « fin de la première partie ». Vous l'aurez deviné, la fin se termine sur un suspense insoutenable. Vous aurez aussi compris que j'ai dévoré cette première partie de Guilendria.

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Deijan et Guilendria se connaissent depuis l'enfance. Lui rêve d'exploits guerriers et d'héroïsme, de carrière militaire et de liberté. Mais son destin va l'enchaîner à une existence qu'il exècre, et faire de lui un homme désabusé, amer et froid. Guilendria, elle, rêve... de lui, depuis le jour de leur rencontre. Timide et discrète jusqu'à la transparence, elle a voué son coeur à Deijan. Et la vie va la combler... de la plus cruelle des manières ! L'amour peut-il vraiment triompher de tout ? Pénétrez dans le monde de Nordie, ou quand le souffle de la fantasy rencontre l'émoi de la romance.



J'ai déjà lu Eve aux sables dormant (chronique ici) et Mère-Fée (chronique ici), mais je ne m'attendais pas à ça : la plume de Cécile est toujours précise et addictive, les émotions sont toujours intenses, mais il n'y a guère de douceur et de romantisme dans Nordie. C'est un univers dur, qui m'a plus d'une fois fait penser au film La chair et le sang par la cruauté des situations vécues par les personnages. D'où la question : comment la douce, timide, effacée Guilendria va-t-elle pouvoir survivre dans un tel monde lorsque tout bascule ? Et bien, c'est ce qu'on voit au fil du roman, la petite souris se muant en une femme certes terrifiée, mais extrêmement déterminée, pour le bien de ceux qui dépendent d'elle. Une femme amoureuse aussi, en dépit de tout. L'amour donne des ailes et devient la plus puissante des motivations pour Guilendria.

L'alternance des points de vue, chapitre après chapitre, permet de mieux comprendre la psychologie des personnages, notamment du côté de Deijan. Celui-là, disons-le clairement, on a juste envie de le baffer : il est haïssable dans sa façon de se comporter avec sa femme. Son point de vue n'est cependant pas aussi présent que celui de Guilendria, car Deijan est diminué, réduit à l'impuissance, lui l'homme d'action, fier de ses exploits, le Fléau redouté et détesté des Écumeurs.
Concernant Guilendria, si on a de la compassion pour elle au début du roman, sa passivité a eu tendance à m'agacer. Heureusement, elle va évoluer et devenir une véritable héroïne (même si elle n'en a absolument pas conscience et continue à se dévaloriser).
C'est donc un mariage de raison pour l'un, d'amour non réciproque pour l'autre, une cohabitation qui aurait pu durer longtemps encore sans une attaque brutale des Écumeurs, ces hors la loi que traquait Deijan lorsqu'il était soldat. Ces derniers n'ont pas choisi leur moment au hasard, attaquant le château de Bucail au moment où les défenses sont au plus bas. L'horreur de la guerre, de ce que subissent les vaincus aux mains des vainqueurs lorsque ces derniers ne s'encombrent pas de principes et d'honneur, rien n'est édulcoré. En tant que femme, c'est dur à lire.


J'ai apprécié la complexité des personnages, notamment celle du chef des Écumeurs, dont Guilendria tente de percer les secrets pour le manipuler, ou encore le dévouement de Sauge, la suivante de notre héroïne, courageuse jusqu'au sacrifice.
Et au milieu de ce chaos, il y a l'amour de Guilendria pour son mari, un amour entaché par tous les secrets qu'elle garde pour le protéger durant sa convalescence. Du fait du caractère dur de Deijan, on ne peut que craindre sa réaction en découvrant la vérité...


Concernant le monde de Nordie, il est esquissé mais pas encore vraiment développé. Nous avons les éléments principaux qui permettent de comprendre, mais le quasi huis-clos qui se déroule au château de Bucail ne permet pas encore d'appréhender totalement cet univers créé par Cécile, même si on peut deviner que les prochains tomes nous en dévoileront davantage. Pour ce premier opus, la lectrice de romance, et notamment de romance historique, que je suis, se retrouve en terrain familier avec les ingrédients d'une romance médiévale sans concession. J'ai hâte de voir développés certains éléments comme l'aspect religieux. Mais aussi : qui a trahi Bucail au début du roman, fournissant à l'ennemi les informations permettant aux Écumeurs de prendre le château ? J'ai bien une ou deux idées, Deijan ne s'étant pas fait que des amis.
Je vais dès à présent envahir le mur Facebook de l'auteur pour la pousser à nous écrire la partie 2, pour ne pas avoir à m'angoisser trop longtemps pour les personnages. Quoi que, au vu de ce qu'elle leur fait déjà subir ici, j'ai presque peur de ce qu'elle est capable d'inventer pour la suite.

 

Les bonus de l'univers de Nordie sur le blog de Cécile Ama Courtois : le monde d'Ama