épisode 17 : l'habit fait le moine

 

Aujourd'hui, je vous livre quelques réflexions sur la couverture d'un roman... La sagesse populaire dit que « l'habit ne fait pas le moine ». Certes. On peut avoir un livre avec une couverture sublime et un contenu médiocre, ou inversement, une couverture ratée mais une histoire excellente, merveilleusement bien écrite. L'idéal, bien sûr, est d'allier une couverture réussie à un contenu de qualité.

 

Si, comme moi, vous n'êtes pas édité par une grande maison d'édition, la sagesse populaire risque de vous faire faire une ânerie : concernant votre livre, la couverture sera un élément souvent essentiel de choix pour le lecteur. Je lisais un jour quelque part (où ? Si je parviens à m'en rappeler, je vous mettrai le lien) qu'il faut à peine quelques secondes à un lecteur pour décider de s'intéresser ou non à un roman. C'est donc la couverture qui sera déterminante dans ce choix : il faut qu'elle soit accrocheuse, attractive (ou non) mais en tout cas, qu'elle distingue votre ouvrage parmi les dizaines, les centaines d'autres livres. Elle peut attirer l'oeil par les couleurs, la composition, le modèle (un beau monsieur dénudé aux pectoraux avantageux, ou avec une jolie chute de reins, une demoiselle aux jolies gambettes armée d'une hache ensanglantée....), ou au contraire par sa grande sobriété, mais elle doit susciter l'intérêt.

 

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Vous l'aurez sans doute remarqué, les maisons d'édition ont souvent un visuel facilement identifiable : même de loin, vous serez capable de dire que le livre vient de telle ou telle maison, voire de telle ou telle collection : les romans de la collection Aventures et passion chez J'ai lu, ceux de la collection Azur chez Harlequin... c'est comme une carte de visite. D'ailleurs, il y a en général une cohérence visuelle pour les livres issus d'une même série : composition de l'image, emplacement du nom de l'auteur, du titre, police d'écriture... là encore, au premier coup d'oeil, même à plusieurs mètres, vous pouvez dire qu'il s'agit d'un tome de telle ou telle série.

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Ce sont donc des détails à ne pas négliger au moment de concevoir votre couverture si, comme moi au début, vous les réalisez vous-mêmes.

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Bien sûr, si vous travaillez avec un illustrateur pro, ce dernier devrait penser à ce genre de détail. C'est ainsi que mon illustratrice, Fleurine, a conçu et pensé les couvertures de la saga lorsque je l'ai contactée.

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Mais admettons que vous soyez comme moi au début, autodidactes. La couverture va devenir un moyen de promotion à lui tout seul... ou pas !

Avant d'être auteur, je suis lectrice, et je ne compte plus le nombre de livres achetés parce qu'une jolie couverture a attiré mon regard. Une 4è de couv' intrigante, quelques avis bien étayés, et hop, dans mon panier. Je pense aussi aux livres à côté desquels j'ai failli passer à cause d'une couverture disons... peu à mon goût. Je pense notamment à l'une de mes séries préférées, Le protectorat de l'ombrelle. J'ai acheté le premier tome après avoir lu des avis enthousiastes. Mais la couverture ne me plaisait pas, le livre a donc terminé au fin fond de ma pal, pendant des mois. Un beau jour, ayant vu encore un avis positif, j'ai extirpé le bouquin de son étagère, décidée à passer outre la couverture... et en effet, j'ai adoré ! Quand la série a été rééditée en poche, je me suis jetée dessus : le format poche, déjà, c'est moins cher que le grand format, et en plus, les couvertures de cette édition étaient bien plus à mon goût.

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Pour ma part, j'ai eu une remarque très judicieuse d'une lectrice sur la couverture de la première édition des Kergallen-1 : Thaïs.  « Et merci aux différents commentaires, qui prouvent une fois de plus leur utilité, car sans eux je serais passée à côté de ce livre; la couv' et le titre m'ayant fait penser, à 1ère vue, aux livres type Harlequin. » Suite à cette remarque, j'ai décidé de faire une nouvelle édition, avec une nouvelle couverture reflétant mieux le contenu du livre, notamment l'aspect fantastique, qui ne sautait pas aux yeux, il faut l'avouer... bingo ! Les retours que j'ai eus depuis semblent indiquer que j'ai eu raison de suivre cet avis.

 

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Direction, donc, les sites où vous pourrez acquérir légalement des images dites libres de droit. "Libre de droit" signifie qu'après avoir acheté la photo, vous pouvez l'exploiter, pour en faire une couverture de roman, pour illustrer un article dans un magazine... Pourquoi ces sites ? Et bien d'abord, parce que pour votre couverture, il vous faut une photo de bonne qualité. Ensuite, parce que tout travail mérite salaire : vous serez les premiers à râler lorsque vous trouverez votre roman sur les sites de partage illégal, alors pensez aussi aux photographes et illustrateurs. Ils ont acheté du matériel coûteux pour faire ces photos, ont investi dans des logiciels de retouche d'images, ont peut-être payé des mannequins, loué des sites pour faire leurs séances de poses... bref, il est normal qu'ils soient rémunérés. Sans compter que vous vous exposez à de menus soucis si un photographe reconnaît une de ses photos sur une couverture et qu'il s'avère que vous n'avez pas fait les choses de façon légale !

 

Pour ma part, j'allais sur Fotolia. Difficile de naviguer sur ce site, car tout dépend des mots clef pour chaque illustration. J'ai piqué quelques fous rires en tombant sur des images n'ayant rien à voir avec ma requête. Taper « homme sexy » et trouver ça, c'est juste drôlissime !

 

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À force de patience (et avec quelques migraines ophtalmiques en prime) vous finirez peut-être par trouver quelque chose qui vous convienne. N'oubliez pas de cliquer sur la petite étoile qui permet d'isoler une image intéressante dans la lightbox (et vous permettra ainsi de la retrouver quoi qu'il arrive) et de jeter un coup d'oeil aux images dites similaires.

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Il existe bien sûr d'autres sites vendant des images libres de droit.

 

Vous avez alors deux options : vous prenez une photo telle quelle, sur laquelle vous ajouterez ensuite le titre du livre et votre nom d'auteur, ou vous vous lancez dans des montages.

La première solution est bien sûr la plus simple, mais comporte le risque de croiser d'autres romans ayant la même image de départ.

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Vous pouvez alors, comme moi, tenter de vous lancer dans le photomontage. Je travaille avec le logiciel gratuit paint.net, et le résultat, une fois qu'on a bien compris son fonctionnement et manipulé, est très satisfaisant. Pour ce faire, je créais donc une couverture à partir de 3 ou 4 photos. Ainsi, j'avais la garantie d'avoir une couverture unique. Bien sûr, on peut retrouver ailleurs un élément de cette couverture, mais on ne pourra pas confondre le livre avec un autre.

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Cette option a un coût financier : pour la couverture de Thaïs, j'ai travaillé à partir de 4 images.

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Sur Fotolia, vous devez acheter ce que l'on appelle des crédits. Plus vous en achetez d'un coup, moins c'est cher bien sûr. Mettons que vous achetiez un pack de 10 crédits. Vous en aurez pour 14 euros (auxquels il faut ajouter quelques taxes). 10 crédits, c'est le coût pour une image de très bonne qualité pour la couverture. Le calcul est vite fait si vous devez en acheter plusieurs pour votre montage. Votre livre n'est pas encore paru qu'il vous coûte quelques sous. Et encore, on ne calcule pas le temps que vous passerez ensuite à réaliser votre montage. En tout cas, cela explique aussi pourquoi, quand on fait appel à un illustrateur professionnel, il est nécessaire de le rémunérer!

Mais une couverture réussie attirera l'oeil, et donc les lecteurs potentiels. Si, après avoir lu le résumé de 4è de couverture, ils sont convaincus, alors ils achèteront peut-être. Mais si la couverture ne les attire pas suffisamment pour qu'ils arrivent à cette 4è de couv', vous n'aurez plus qu'à espérer que le bouche à oreille jouera en votre faveur !

Pour compléter ce petit article, je vous invite, si vous êtes sur facebook, à vous rendre sur cette petite discussion que j'ai lancée en août, sur mon groupe Auteurs de romance francophone et leurs lecteurs, où nous avons parlé couvertures de romances, avec des auteurs édités en ME, des indépendants et une graphiste.