Image inspiratrice du mois de juin sur l'Antre des mots :

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Partir ? Rester ? Lacher prise ou lutter ? Deux sentiments opposés.
Aislin se sentait flotter, légère, libérée de tout. C'était si bon... Mais elle ne pouvait pas s'envoler pour de bon après cet accident. Elle n'arrivait pas à s'y résoudre, malgré le temps qui passait. Quelque chose la retenait. Lui. Eux. Leurs visages souriants s'imposaient à elle.
Parfois, ils devenaient flous. Aussitôt, pour revoir ces visages tant aimés, Aislin revenait. Puis, à nouveau, quelque chose la soulevait pour l'attirer, la libérer de ses chaînes. Elle s'envolait, elle voulait s'envoler, elle voulait se libérer de ses chaînes. Ils la retenaient.
Ce tiraillement incessant l'épuisait. Elle devait prendre une décision. Partir ? Rester ? Les abandonner au chagrin, avec l'espoir qu'ils s'en remettraient ? Lutter, souffrir, les faire souffrir en la voyant ainsi ? Un nouveau visage s'imposa à elle.
— Grand-mère ?
— Il est trop tôt pour que tu me rejoignes, fit la voix douce de son aïeule.
— Comment est-ce ?
La vieille dame ne fit pas mine de ne pas comprendre.
— C'est beau. C'est doux. On y est bien.
— On y est bien, soupira Aislin.
Elle s'éleva dans les airs.
— Oui, mais ils ne t'y rejoindront pas avant longtemps. Ils te manqueraient autant que tu leur manquerais.
Aislin redescendit.
— Reste ma chérie. Nous nous retrouverons. Plus tard. Bien plus tard.
Les visages souriants s'imposèrent à nouveau à elle. Lui, le regard plein d'amour et de rire. Eux, si innocents avec leurs frimousses de chérubins. Elle se sentait descendre jusqu'à toucher à nouveau le sol.
— À bientôt ma chérie, souffla sa grand-mère avant de s'estomper.
— Elle revient !
La voix la tira des dernières brumes qui la maintenaient hors du réel.
— Reviens, Aislin. Reviens.
Cette voix-là, elle la connaissait. Elle l'aimait. Elle ouvrit les yeux.
Elle avait fait son choix : rester.