15 juillet - 15 septembre. 

.. les Kergallen ont déjà 2 mois d'existence en dehors de mon petit cercle. Quand je pense que j'ai démarré l'écriture de ce qui n'était dans mon esprit qu'une simple nouvelle rigolote en février et qu'aujourd'hui, mon roman est parti à la rencontre de ses lecteurs et que le premier jet du tome 2 est presque terminé... waou! Pour fêter dignement ce petit anniversaire, j'ai procédé à un tirage au sort parmi les abonnées du blog pour gagner une petite carte dédicacée, et les gagnantes sont : Lucie, Maïwenn et MAGVAN. Bravo les filles, et merci pour votre soutien! Pour celles dont je n'ai pas l'adresse, pensez à me l'envoyer par mp.

En guise de lot de consolation, je vous livre ici une petite nouvelle inédite sur Thaïs et Kieran. La version intégrale non censurée sera proposée à la lecture aux abonnées du blog lors d'une prochaine newsletter.

Tous mes écrits, romans et nouvelles, font l'objet d'un dépôt. Il est donc formellement interdit de les recopier ou de les reproduire, même partiellement, sans l'autorisation de l'auteur.

 

Kieran, fourbu, referma la porte derrière lui. Dans des moments comme ça, il en venait à regretter l'époque où il était un fantôme incapable de ressentir quoi que ce soit. Il n'avait plus l'habitude que le moindre effort lui laisse des courbatures. Pourtant, un large sourire éclairait son visage au souvenir de cette première journée de travail. Qu'il était bon de se sentir parfaitement intégré dans cette époque et de côtoyer des gens capables de vous voir, de vous parler !

 

Sa première journée au haras s'était déroulée à toute vitesse, entre les soins à donner aux chevaux, le nettoyage des stalles puis la première promenade guidée à laquelle il avait participé. Son patron, Jean-Yves, un solide quinquagénaire, avait tenu à ce qu'il l'accompagne afin de se familiariser avec le parcours qu'ils empruntaient en compagnie d'un groupe de touristes.

 

— Les touristes adorent qu'on leur raconte l'histoire de la région pendant qu'on se promène à travers la forêt et sur les petites routes de campagne, avait expliqué Jean-Yves. Plus ils viennent de loin, plus ils sont avides d'anecdotes. Comme tu n'es pas du coin, aujourd'hui, tu vas te joindre à eux et ouvrir grand tes oreilles. Demain, je te laisserai prendre la tête du groupe et je verrai si tu as été attentif.

 

Jouer les guides touristiques n'était peut-être pas une occupation à laquelle Kieran était habitué, pas plus que d'enseigner l'équitation à des enfants, ceci dit, il avait découvert avec étonnement qu'il appréciait l'idée de transmettre son amour des chevaux. De toute façon, à moins de s'engager dans l'armée, il ne pouvait guère vivre de ses talents de combattant, d'autant que désormais, la guerre ne se faisait plus en brandissant une claymore du haut d'un fier destrier. Il pouvait s'estimer heureux que, grâce à son don avec les chevaux et la magie des Kergallen, il ait réussit à se faire embaucher. Aux yeux de Jean-Yves et de toute personne susceptible de venir fourrer son nez dans les paperasses administratives, il était Kieran McDougall, un Écossais venu s'installer en France pour les beaux yeux de sa fiancée.

 

Les beaux yeux bleus de la fiancée en question pétillaient tandis qu'elle venait à sa rencontre. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur les lèvres de Kieran, qui laissa tomber le sac qu'il tenait encore à la main pour la serrer contre lui, la soulevant de quelques centimètres pour mieux dévorer sa bouche.

 

— Tu as besoin d'une bonne douche, sourit Thaïs en reposant pied à terre.

 

— Et d'un bon massage, suggéra Kieran avec un sourire coquin.

 

— D'abord la douche, tu empestes, riposta sa compagne en tournant les talons.

 

— Merci, ça fait plaisir, grommela Kieran en la suivant.

 

— L'honnêteté est une vertu, fit Thaïs en jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule.

 

Elle lui adressa un clin d'oeil avant d'ouvrir le réfrigérateur pour en sortir des œufs.

 

Kieran s'empara d'une bouteille d'eau et but à même le goulot, à longues gorgées. Un filet d'eau glissa le long de son menton, sous le regard fasciné de Thaïs. Elle ne se lassait pas de contempler le grand Highlander et se retenait de se pincer pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Il était trop beau pour être réel. Et il était à elle, songea-t-elle avec satisfaction comme il reposait la bouteille en essuyant l'eau du revers de la main.

 

— Qu'est-ce qu'on mange, ce soir ? s'enquit Kieran.

 

La petite bulle de béatitude dans laquelle Thaïs se trouvait éclata.

 

— Un massage, un repas..., tu te conduis comme un sale macho, grommela la jeune femme en commençant à casser les oeufs dans un saladier.

 

— Je meurs de faim, se justifia Kieran avec un sourire désarmant. La journée a été bien remplie, j'ai mangé sur le pouce ce midi.

 

— Moi aussi, figure-toi, riposta Thaïs. Je te préviens, il va falloir qu'on se répartisse les tâches ménagères, parce qu'il n'est pas question que je m'occupe de tout en rentrant de la Caverne.

 

— Je peux m'occuper de la lessive, proposa Kieran en retirant son t-shirt pour le fourrer dans le lave-linge.

 

— Surtout pas ! s'exclama la jeune femme en sursautant.

 

— Je me proposerais bien pour m'occuper du repas...

 

— Je n'ai pas envie de mourir empoisonnée.

 

— Demain, je ferai les courses.

 

— Si c'est pour acheter toutes les cochonneries que tu as repérées à la télé, oublie. La malbouffe conduit à l'obésité.

 

— Il suffit d'éliminer les calories, et je connais un sport qui se pratique en duo, dans une chambre...

 

Thaïs lui envoya en riant un torchon à la tête, que Kieran esquiva facilement.

 

— Tu sais quoi ? reprit l'Écossais en retirant son jean, qui rejoignit le t-shirt, tu fais à manger, et moi je te masse ce soir pour te faire oublier cette dure journée.

 

— Si tu imagines que tu t'en tireras comme ça tous les jours, tu te fourres le doigt dans l'oeil, menaça Thaïs, amusée, sans se priver de dévorer du regard le corps sculpté de son fiancé.

 

— J'ai plus d'un tour dans mon sac, fit Kieran en jetant son boxer par-dessus le reste.

 

Il avait découvert que les sous-vêtements n'étaient pas totalement inutiles, surtout quand on portait un pantalon à fermeture éclair, aussi s'était-il résolu à laisser Thaïs lui en acheter. Il pivota, offrant une vue imprenable sur ses fesses musclées à la jeune femme et se dirigea vers la salle de bain. Arrivé à la porte, il se retourna légèrement pour fixer Thaïs, qui le regardait avec délectation.

 

— Si tu veux brûler quelques calories avant le dîner, tu sais où me trouver, lança-t-il avec ce sourire en coin qui la faisait craquer à chaque fois.

 

Thaïs vérifia qu'elle ne bavait pas tandis qu'il disparaissait. Elle s'empara du fouet et entreprit de battre les œufs avant de terminer sa pâte à crêpes.

 

— Et puis zut ! fit-elle une fois celle-ci terminée.

 

Ses vêtements finirent dans le lave-linge et elle se glissa dans la salle de bain. Kieran était étendu dans la baignoire, la tête rejetée en arrière, savourant manifestement le délassement procuré par l'eau chaude. De la buée couvrait les miroirs et Thaïs se sentit enveloppée par une chaleur délicieuse en s'avançant vers la baignoire. Kieran ouvrit les yeux et ses iris d'un brun chaud scintillèrent.

 

— Tu viens abuser de moi, alors que je suis épuisé par ma journée de travail et que je n'ai plus la force de me défendre ? demanda-t-il d'une voix languide.

 

— Tu m'as promis un massage, ronronna la jeune femme en se glissant dans l'eau pour s'installer, dos tourné à son compagnon qui l'attira contre son torse.

 

Lorsqu'ils s'attablèrent un long moment plus tard, Thaïs se sentait parfaitement détendue, le visage rosi de plaisir. Elle avait relevé ses cheveux roux encore humides en un chignon qui s'écroulait à moitié et Kieran ne put s'empêcher de se dire, pour la millième fois au moins, qu'il était un sacré veinard. Personne n'avait une femme plus délicieuse.

 

— Quel est le programme de ce soir? demanda le jeune homme comme ils s'installaient devant la télévision, les jambes de Thaïs étendues par-dessus ses cuisses afin qu'il puisse lui masser les pieds pendant qu'ils regarderaient le film qu'elle avait choisi.

 

— Les Visiteurs, dit-elle avec un sourire taquin. Je pense que ça va te plaire.

 

Partagé entre le rire et l'incrédulité, Kieran regarda les aventures de Jaquouille la fripouille et Godefroy de Montmirail.

 

— Jour, nuit ! Jour, nuit ! ânonnait Jacquouille avec un sourire niais tout en appuyant sur un interrupteur.

 

— Pitié ! s'exclama Kieran en se redressant, dis-moi que je n'avais pas l'air aussi crétin !

 

— Et bien, puisque tu poses la question... , fit mine de réfléchir Thaïs, qui faisait de grands efforts pour ne pas rire.

 

— Non, oublie, je préfère ne pas savoir.

 

Cette fois-ci, le rire fusa.

 

— Rassure-toi, mon chéri, je t'épouserai quand même au mois d'août, dit-elle en se soulevant pour l'embrasser. Tu es peut-être un crétin parfois, mais tu es mon crétin.

 

— C'est le genre de déclaration d'amour que tout homme rêve d'entendre, bougonna Kieran.

 

Thaïs s'installa à califourchon sur lui, lui bloquant la vue sur l'écran de télévision et se pencha pour approcher les lèvres de son oreille.

 

— Tha gaol agam ort, susurra-t-elle.

 

Ils ne virent pas la fin du film, ce qui ne chagrina pas particulièrement Kieran.

 

Kieran et Thaïs